À 18 mois, certains bébés alignent déjà leurs premiers mots tandis que d’autres semblent prendre leur temps, dans un silence qui inquiète parfois les parents. Entre 12 et 24 mois, un enfant moyen prononce de 10 à 50 mots, mais certains n’en disent aucun avant 20 mois. L’acquisition des premiers mots ne suit pas toujours un rythme linéaire : des régressions temporaires peuvent survenir après des progrès rapides.
Certains enfants comprennent jusqu’à cinq fois plus de mots qu’ils n’en utilisent spontanément. Les variations d’un enfant à l’autre sont fréquentes et rarement synonymes de trouble.
Comprendre le langage d’un bébé de 18 mois : où en est-il vraiment ?
À 18 mois, le langage ressemble à un chantier en pleine effervescence. Certains enfants peinent encore à prononcer « maman » ou « papa » tandis que d’autres osent déjà combiner deux mots pour réclamer : « encore biscuit », « veux doudou ». Le vocabulaire oscille la plupart du temps entre dix et cinquante mots, mais la réalité, bien plus nuancée, échappe souvent aux statistiques. La compréhension, elle, avance en coulisses : un bébé de 18 mois saisit souvent une centaine de mots, parfois davantage, bien avant de les reproduire. Tout se joue dans l’écoute, la répétition, la mémoire sonore qui s’aiguise à chaque échange.
À cet âge, les sons restent parfois flous, à peine esquissés. Les consonnes « p », « m », « b » sont les grandes vedettes, héritées des premiers babillages dès la naissance. Chaque tentative, même maladroite, signe une avancée. L’enfant s’essaie, module, imite son entourage sans toujours être compris. Mais derrière chaque mot, chaque syllabe, se cache un sens personnel, souvent très lié au contexte du moment.
Voici les étapes que l’on repère fréquemment à cet âge :
- Les premiers mots font la part belle aux objets du quotidien, aux proches et aux besoins simples.
- L’apparition de petites phrases, même hésitantes, marque un cap décisif.
- La compréhension dépasse largement la production orale, structurant peu à peu tout le développement langagier.
Le langage, à cet âge, avance par à-coups. Les périodes de calme alternent avec des bonds soudains. Chaque enfant trace son chemin, influencé par ce qui l’entoure, par les stimulations reçues et par sa propre maturité.
Pourquoi chaque enfant avance à son rythme : les grandes variations du développement linguistique
Nul calendrier universel : le langage, chez l’enfant, refuse toute règle figée. D’une famille à l’autre, d’un enfant à l’autre, les différences de rythme sautent aux yeux. Certains accumulent déjà une vingtaine de mots à 18 mois, quand d’autres se limitent à quelques syllabes répétées avec énergie. Les raisons de ces écarts ? Multiples : stimulation, échanges variés à la maison, tempérament, mais aussi développement neurologique propre à chacun.
Le climat familial joue un rôle de premier plan. La façon dont les parents s’adressent à leur enfant, la diversité du vocabulaire entendu, la liberté laissée à l’enfant d’exprimer ses envies, tout cela façonne l’apprentissage des mots. Les petits exposés à plusieurs langues peuvent prendre un chemin différent, mais ce décalage ne dure généralement pas.
On observe souvent plusieurs profils parmi les enfants de cet âge :
- Certaines petites têtes assimilent beaucoup, mais n’expriment encore que peu de mots ; leur vocabulaire explose plus tard.
- D’autres préfèrent tester tout de suite, quitte à écorcher les sons ou à inventer des mots.
- Le rythme d’acquisition varie d’un individu à l’autre, sans préjuger du futur développement.
Regarder son enfant, c’est comprendre que chaque étape, chaque hésitation, chaque mot prononcé raconte une histoire unique. Les attentes, les comparaisons avec les camarades du même âge brouillent parfois la lecture de ce cheminement. Pourtant, le langage se construit, chaque jour, dans l’échange singulier entre l’enfant et son entourage.
Quels signaux surveiller pour repérer un éventuel retard ou une progression atypique ?
Déceler un développement atypique du langage à 18 mois demande finesse et observation. Certains enfants n’ont que deux ou trois mots à leur actif, d’autres une dizaine. Ce qui interpelle, c’est l’absence totale de mots ou la difficulté à comprendre de simples consignes. Les indices à retenir : la capacité à imiter des sons, à désigner du doigt un objet, à réagir à des mots familiers ou à varier les intonations.
Voici les situations qui méritent une attention particulière :
- Un babillage peu varié ou des sons peu distincts peuvent signaler une étape à explorer de plus près.
- Le manque de contact visuel, l’absence de gestes communicatifs comme pointer ou faire au revoir, ou encore le désintérêt à l’appel de son prénom, sont des signaux à ne pas négliger.
- Un vocabulaire très limité, ou qui stagne sur la durée, invite à s’interroger sur la qualité des interactions quotidiennes.
Certains enfants misent d’abord sur la compréhension et différeront la parole. Ce qu’il faut surtout repérer, c’est la capacité à interagir : réagir à la voix, exprimer des besoins, même sans phrases construites. Si le tout-petit ne communique qu’avec des gestes, sans amorce de mots à cet âge, une évaluation par un professionnel peut être utile. Et si l’enfant ne semble pas intéressé par l’échange verbal, mieux vaut en parler avec son pédiatre ou un spécialiste du langage.
Des idées simples et ludiques pour encourager l’apprentissage des mots au quotidien
Le langage se nourrit de la routine. Chaque geste, chaque objet du quotidien devient prétexte à nommer, expliquer, montrer. Le bain, le repas, la promenade : tous ces moments offrent l’occasion d’introduire de nouveaux mots, naturellement, sans forcer.
Un livre cartonné sur la table capte l’attention. Ouvrez-le, montrez les images, nommez-les, laissez l’enfant montrer du doigt. Les histoires courtes, rythmées, dynamisent l’envie d’apprendre. Les albums illustrés, même très simples, transforment le mot en image, l’image en geste, et l’enfant construit ainsi peu à peu son vocabulaire.
Voici quelques activités qui stimulent l’éveil du langage :
- Les comptines chantées : la musicalité des mots facilite leur mémorisation.
- Les jeux de cache-cache avec les objets : chaque disparition, chaque retour s’accompagne d’un mot, d’un commentaire.
- Les jeux d’imitation : dînette, petites voitures, ferme miniature, tout est prétexte à inventer, à décrire, à commenter.
Le dialogue entre parents et enfant se tisse dans ces échanges simples. Plutôt que de corriger, reformulez, enrichissez, montrez l’exemple. À 18 mois, les enfants absorbent bien plus qu’ils ne restituent. Multipliez les occasions de leur parler, sans surcharge, ni pression. L’essentiel, c’est le plaisir partagé : c’est lui qui donne au langage sa vraie saveur, et qui fait naître chaque nouveau mot.


